À l'occasion du toilettage récent des liens des nanoblogs actifs et d'une recherche sur le net, sont apparus deux sites remarquables, celui d'un blogueur en Australie et celui du déjà bien connu Illovae (avec son nanoblog à l'enseigne de Druuna ) qui contribue à ouvrir de nouvelles perspectives en la résurgence du protocole oublié Gopher , cette fois-ci sous la bannière Britney . À la suite de cet exemple, le webmestre de ce site, dévoré par une sorte de jalousie honteuse (et qui se souvenait avoir jadis surfé sur Gopher) s'est mis en quête du Graal du Gopherspace. Bon, après quelques lectures édifiantes à coup de RFCs et autres wikipedias pas franchement à jour, le susdit s'est mis en tête d'opérer une sorte de transmutation malsaine du HTTP en Gopher. Les billets au format raw de nanoblogger sont rédigés en HTML. Restait à les convertir en format texte, enlever les balises HTML et surtout à créer la mise en page avec tous les ingrédients classiques de la typographie (marge, alinéa, justification...) et aussi convertir les liens hypertextes en notes de bas de page. S'étant déjà intéressé aux secrets du site Druuna, il apparaissait que les navigateurs textes comme Lynx, w3m ou Links étaient des candidats sérieux. Donc, avec un utilitaire , il était possible de faire un traitement par lot du contenu du répertoire « data » en employant un de ces navigateurs comme processeur de texte. Restait le plus dur: implémenter un serveur Gopher sur le port 70. Il apparaît qu'il y a pas mal de serveurs disponibles entre les sites de Sourceforge et Freshmeat. Ilovae a mis Pygopher. La version Gopher de ce site est sous Gofish, qui est disponible avec Gentoo.
Autre chose : comment fait-on pour aller dans le Gopherspace ? Le plus simplement du monde avec Firefox ! En effet ce navigateur est compatible Gopher, comme l'a été jadis Internet Explorer de Microsoft. Avec un bémol cependant : les fichiers texte sont encapsulés dans du HTML avec la balise PRE et des liens hypertextes apparaissent automatiquement. Sinon, en mode texte, il y a Lynx et Elinks. Et il est possible de télécharger le contenu d'une URL Gopher avec l'utilitaire Snarf (dispo avec Gentoo) , ce que ne sait pas faire « wget ». Pensez aussi à configurer l'encodage par défaut du navigateur pour les documents en format texte (pour ce site : UTF-8). Au pire, si vous n'avez ni Firefox, ni Lynx ou Elinks sur votre système (?), il reste possible de surfer avec ce couteau de l'armée Suisse qu'est TELNET (en tant que client). Une petite démonstration :
Entrez dans une console :telnet oceamer.com 70À l'invite de commande, entrez :
0/nanoblogger/2009-10-04T14_27_40.txt
vous remarquerez que les URI gopher sont d'une nature différente de celle du HTTP: le type du fichier à télécharger est partie intégrante de l'URI-URL.
Bon, à quoi sert Gopher de nos jour, mis à part se faire honteusement plaisir ?
On peut deviner trois utilisations :En guise de résumé : le webmestre de ce site a éprouvé moins de difficultés à installer Gofish qu'Apache. Gopher apparaît comme la symbiose du FTP et du HTTP. Le port unique (70) de Gopher pour les entrées-sorties des flux TCP rend trivial le filtrage des paquets. Le format des entrées en raw de nanoblogger rend très aisée la transposition en fichiers textes purs pour un gopher log (phlog). NanoBlogger pourrait être une solution d'avenir en tant que moteur mixte blog-phlog.